Défi hivernal de l’île Bizard: Les coureurs s’approprient l’hiver!

Parmi les nombreuses courses qui se sont tenus la fin de semaine du 20 février dernier avait lieu la 26e édition du défi hivernal de l’île Bizard, qui a connu une augmentation de 12 % de sa participation. En tout, c’est 767 personnes qui ont pris part aux différentes épreuves allant du 1 km pour enfants au 10 km. En cette superbe journée ensoleillée, le mercure n’affichait que -13 degrés (et un ressenti de -20) alors qu’il avait fait près de 10 degrés deux jours plus tôt! Il s’en est donc fallu de peu pour que ce défi hivernal ait des airs printaniers! Grâce à ce redoux, les rues empruntées par les coureurs étaient donc presque entièrement dépourvues de plaques de glace.

Il s’agissait pour moi d’une première participation à cette course et d’un retour graduel à l’entraînement, le mois de janvier ayant été un peu trop riche à mon goût en maladies de toutes sortes pour moi et ma petite famille. Petit aveu ici: je n’ai jamais été un grand adepte de la course hivernale, préférant la monotonie du tapis roulant du gym aux trottoirs enneigés et glacés. Mais j’avais le goût de courir avec d’autres mordus de la course à pied et je n’ai pas été déçu par mon expérience.

Je suis arrivé exceptionnellement tôt au centre socioculturel de l’île Bizard, ce qui m’a évité des problèmes de stationnement, car je croyais que le départ du 5 km était à 9 heures alors qu’il était en fait 20 minutes plus tard. Excellent, me suis-je alors dit, je ne raterai pas le départ. Il y avait déjà beaucoup de monde à l’intérieur du centre, causant rapidement un engorgement pour les quelques toilettes. La remise des dossards s’est toutefois très bien déroulée. Cette année, les organisateurs avaient opté pour la technologie de chronométrage Bibtag, soit une puce jetable collée à l’endos du dossard. Une excellente initiative qui permet une arrivée sans tracas.

Environ 10 minutes avant le départ, on commence à habiller les deux garçons, ce qui prend vraiment un temps fou… et me fait manquer le départ! Pas croyable! Je me dépêche de rallier la ligne de départ malgré tout et pars bon dernier avec environ 40 secondes de retard. Ce n’est pas bien grave, me suis-je encore dit, je suis venu pour le plaisir de courir et non pas pour établir un nouveau record personnel. Le 1er km est une montée continue assez difficile qui ne se termine qu’à la pancarte du 2e km. J’adopte alors la stratégie d’un départ lent et décide d’accélérer seulement rendu en haut de la côte.

Nous bifurquons alors à gauche et empruntons un chemin asphalté qui traverse un joli petit boisé et qui débouche sur le parcours de golf enneigé du Royal Montreal. Le soleil qui brille et la présence d’un faible vent rendent l’expérience vraiment agréable.

Toutefois, l’air qu’on respire à pleins poumons reste drôlement froid! Environ à mi-chemin, une fois arrivés dans le stationnement du club de golf, nous faisons demi-tour. Il n’y a pas de point d’eau, ce qui est peut-être une bonne chose compte tenu du froid qui ferait rapidement tout geler.

Sur le chemin du retour, je réalise qu’un de mes lacets s’est défait. C’est bien la première fois depuis des années que j’oublie de faire une double boucle à mes lacets, mais je décide de ne pas m’arrêter. Il s’agit d’une nouvelle paire de souliers fraîchement sortie de sa boîte pour cette course, alors ça devrait tenir en place. De plus, la chaussée est vraiment impeccable, à l’exception d’une petite plaque de glace ou deux, ce qui rend tout danger de chute improbable aujourd’hui.

Arrivé au 4e km et en haut de la fameuse côte longue de 1 km du début, j’amorce mon accélération. Il me reste de l’énergie en banque et je compte bien toute la dépenser. Je dépasse un coureur d’Étudiants dans la course, cet excellent programme qui initie des jeunes défavorisés à la course à pied, mais celui-ci revient me chercher et me dépasse à vive allure, moi qui cours pourtant à une cadence de 3 m 40 le kilomètre. Quelle accélération, ce jeune à beaucoup de potentiel! Je finis derrière lui en 20 m 28 s, un temps officiel qui ne tient pas compte de mon retard initial puisqu’il n’y avait pas de tapis au départ.

Je retourne vite à l’intérieur me réchauffer les orteils, la seule partie que je n’ai pas convenablement habillée. Moi qui avais peur d’avoir froid, j’ai plutôt eu chaud! La collation d’après-course comprend, entre autres, compote de pomme, banane, orange et bagel. On se sent toutefois rapidement à l’étroit à l’intérieur du centre avec les coureurs du 10 km qui se préparent à partir, mais cela permet de réchauffer l’atmosphère et de favoriser les rencontres. Définitivement, j’ai adoré cette première expérience au défi hivernal de l’île Bizard et je compte bien répéter l’expérience l’année prochaine. J’avais tort de penser que la course à l’extérieur en hiver n’était pas faite pour moi!

Mathieu Gagnon pour Courir.org
Courriel : gagnon.mathieu@gmail.com