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DU DOUTE À LA CONFIANCE Quand on ne se prépare pas bien, les résultats nous éloignent du sentiment d’accomplissement. Une partie de la fierté du marathon tient dans la satisfaction d’avoir suivi un entraînement sérieux, une préparation méticuleuse nous menant doucement au jour de la course. La course, en fait, n’est que la confirmation, la concrétisation de tous les efforts consentis. Ces affirmations peuvent sonner comme des vérités de La Palice, pourtant, s’il suffisait d’avoir un objectif clair et d’y croire pour qu’il se réalise, nous vivrions dans un monde monotone, pour ne pas dire morose. Parce qu’il faut l’essentiel pour qu’il se réalise, soit de passer à l’action, cette étape ultime nécessite une confiance sans failles dans nos capacités et notre plan. Juma Ikangaa, gagnant du marathon de New York en 1989 disait: «La volonté de gagner n’est rien sans la volonté de s’y préparer.» Peut-être ai-je déjà oublié les principes qui m’ont guidé dans ma carrière d’enseignant, soit que la progression, l’apprentissage et le développement se construisent sur le cumul de petites réussites. Plus, chaque nouvel apprentissage passe par une étape de régression avant de produire une nouvelle acquisition. Et ce sont justement ces réussites qui cultivent notre confiance. Ce qui me fait croire que la confiance, si elle est une force qui peut nous faire soulever des montagnes, peut s’avérer fragile lorsqu’elle n’est pas soutenue par une pratique constante, jour après jour. Plus nous répétons une expérience réussie, plus facile elle devient. Prenons un exemple concret. Je veux terminer un marathon sans avoir à marcher, mais je ne suis pas prêt à courir la distance avant le jour J. Ce qui, à mon avis, est une décision très sage. Alors, comment faire pour être sûr d’y arriver? Il me faut m’habituer à parcourir de longues distances en augmentant progressivement leur durée. Mais jusqu’à quelle distance devrais-je m’astreindre pour me convaincre d’atteindre mon but, arrivé au jour du marathon? Plusieurs théories existent sur le sujet. Cependant, la plupart s’entendent pour dire que de courir au moins une fois plus de 30 kilomètres augmente sensiblement nos chances d’y arriver. J’y ajouterais un truc acquis par l’expérience, soit de faire ses longues distances en négatif, i.e. de courir la deuxième moitié d’une longue sortie plus rapidement que la première. De sorte que si l’on arrive à augmenter la cadence, même fatigué, la confiance dans nos capacités s’en trouve accrue. Et dans mon cas personnel, de répéter l’expérience au moins trois fois, pour chasser le doute de mon esprit, devient une plus-value de l’exercice. Même après s’être dûment préparé, avoir aiguisé tous nos réflexes, peaufiné nos longues sorties et planifié le moindre détail de l’aventure à venir, il se peut qu’un doute subsiste. Et c’est là qu’il faut se commettre, oserais-je dire, défier l’inconnu, parier sur soi-même. Le fait de se lancer dans une aventure dont l’issue n’est pas certaine augmente d’autant notre contentement lorsque la réussite survient. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la plupart des coureurs de fond se remémorent avec tant d’émotion la ligne d’arrivée de leur premier marathon. Yves Daigneault Entraîneur du Club les Riverains pour courir à Montréal
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