![]() |
|
|
Je suis au 35e kilomètre et je suis dans l’trouble... Suite La dernière fois, je parlais avec Ti-Pit et je lui disais qu’il était dans le gros trouble au 35e kilomètre de son marathon probablement parce qu’il s’était obstiné à aligner les longues sorties et, qu’en plus de s’épuiser, il n’avait pas varié son entraînement de façon à développer certaines compétences qui sont aussi essentielles au marathonien que l’habileté à « faire la maudite distance ». Il faudrait que j’apprenne à ne pas écrire des phrases longues comme ça, des phrases de marathonien... Aujourd’hui, je fournirai trois trucs qui permettront à Ti-Pit de s’aider à se sortir du trouble – en autant qu’il aura prévu le coup (j’insiste, car on n’improvise pas au marathon). Avant, je veux illustrer cette propension qu’ont les marathoniens à s’entraîner de façon obsessive. Imaginez qu’on vous dise que dans cinq jours vous allez devoir faire une dictée de 800 mots – ce qui sera probablement la longueur de la chronique que vous lisez. Le marathonien typique va dire, « sure, man, pas de prob! » et il va se taper une dictée de 800 mots tous les jours pour s’assurer qu’il fera honorablement la distance. Qu’est-ce que vous diriez du plan suivant? On prendra un jour pour revoir grammaire et conjugaison des verbes. Un jour pour se plonger dans l’orthographe. Un jour pour revoir les particularités de la langue française, comme le pluriel des mots et l’usage politiquement acceptable des adverbes. Qui sera le plus dispos et mieux préparé le jour de l’épreuve? OK, on n’en reparle plus. Alors, voilà ce qu’il serait utile de faire à partir du douloureux 35e kilomètre : courir léger, rouler des bras, raccourcir la foulée. On ne parle pas d’une recette miracle mais des choses qui, préparées d’avance, peuvent aider. Un : Courir léger Comme nous avons vu la dernière fois, le coureur qui se retrouve dans le trouble en fin de marathon, il s’écrase. Son pied frappe le sol lourdement et, au lieu de rebondir, le coureur persiste en penchant le torse vers l’avant de façon à ce que le genou écrase également. Il faut alors avoir appris à « courir léger ». C’est une « mind game » terrible (un jeu d’esprit du diable!) mais il est utile de l’apprendre, même si ça ne s’explique pas. Soyez Zen, aérien Ne levez pas le tronc, relevez les bras, le tronc suivra naturellement. Imaginez-vous léger et droit. La tête haute, le pied preste. Hare, hare! Il faut travailler cela en entraînement, surtout lors de vos longues sorties. S’offrir parfois une petite récréation de 10 minutes pour vous faire croire que vous faites cinq kilos en moins. La foulée est fonction du mouvement des bras. Tout commence et finit avec le mouvement des bras. Si vous pistonnez les bras, à la façon du sprinteur, vous pistonnerez les jambes, ce qui n’est pas très payant au marathon. Si vous roulez des bras, vous roulerez des jambes. En entraînement, apprenez à rouler des bras de façon à ce que votre main se projette vers l’avant, puis vers le bas, vers votre cuisse, et reprenne un mouvement circulaire en passant autour de la hanche et au dessus de la taille. Vos jambes vont suivre ce mouvement circulaire qui vous aidera en fin de course, particulièrement en vous donnant plus d’impulsion, et en vous donnant l’impression de courir léger. Évidemment, décrit comme cela, ce geste circulaire est nettement exagéré – en autant qu’il soit compris. Un petit truc pour corriger le mouvement des bras. Faites parfois des entraînements en tenant une pièce de monnaie entre votre pouce et votre index de chaque main. Vous ne portiez jamais attention au mouvement de vos bras? Là vous n’aurez pas le choix de le constater, ce qui est la première chose à faire avant d’y remédier, le cas échéant. Trois : Raccourcir la foulée On initie impulsion et vitesse lorsque notre pied pousse et quitte le sol. Pas lorsque nous sommes en vol (si on accélérait en vol, on ne retomberait jamais au sol!). Alors si cela nous prend huit foulées pour nous rendre du point A au point B nous nous y rendrions plus vite, avec moins d’impact lourd – et en excentrique en plus – en dix foulées. Comme vous voyez, la course n’échappe pas au bon sens... Même si les coureurs, nous l’avons vu dans une chronique précédente, ne s’illustrent pas toujours par leur sens du rationnel. S’il y a des moments fabuleux dans certaines épreuves, la pensée magique et l’improvisation n’en sont jamais la cause... Le mois prochain on parlera des coureurs qui ont un coach trop jeune, qui les font mouru, comme-qu’on-dit, à moins que je me choque enfin et que je dénonce ceux qui courent la bédaine à l’air, et à ce sujet je suis sans pitié! Robert Davidson est un marathonien, parfois un triathlonien, et il est le coach d’une petite équipe de coureuses de fond de 32 à 50 ans. Il habite et s’entraîne à Montréal. On peut le rejoindre au kilometre43@hotmail.com
|
|
Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
||