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Les petites choses Depuis quelques mois déjà, je me rends compte qu’au moment d’écrire ma petite chronique mensuelle, je change d’idée et je pars sur un autre sujet. Quelques fois, je le fais même après avoir terminé mon texte. C’est ainsi que comme j’allais vous raconter ma fin de semaine en Alabama et à la Nouvelle-Orléans pour la vingt-deuxième fois, j’ai commencé à penser aux petites choses que j’aime à propos de la compétition et qu’on n’apprécie pas toujours pour ce qu’elles sont. Il me semble qu’il n’y a pas si longtemps encore, mon rituel de compétition se limitait à quelques étapes : sauter dans mon véhicule, courir, manger en vitesse et rentrer vite à la maison, avec ou sans médaille. Depuis quelques années maintenant, j’aime prendre la route avant le lever du soleil pour aller rejoindre mes amis à quelques milles de chez moi en me demandant ce qu’ils auront à raconter, ce que j’aurai moi-même à leur raconter. Cette partie du voyage est en quelque sorte le calme avant la tempête. Mes derniers moments de solitude. Juste moi et ma musique. Une fois tous à bord d’un même véhicule, nos conversations sont très animées, chacun ayant quelque chose à raconter ou des questions à poser. On y parle rarement d’actualité ou de politique, mais plutôt de nous, de nos expériences et rencontres de la semaine. On parle un peu des souvenirs de la course vers laquelle nous allons alors que le soleil se lève sur le bord de l’autoroute. Je nage dans le bonheur, que je sois au volant ou juste un passager et que je participe à la conversation ou que je me contente d’écouter. Une fois arrivé, je m’inscris et observe avec amusement les retrouvailles entre coureurs et coureuses, parfois très ordinaires et d’autres fois très enjouées. Je me souviens parfois de ces retrouvailles après les ouragans Katrina et Gustav, comme les gens étaient contents de se voir en santé. Même les conversations dans la file pour les toilettes sont souvent teintées d’émotions et parfois très drôles aussi. Je ne parle pas toujours dans ces moments-là, mais j’apprécie la scène en souriant ou même en riant. J’aime aussi imaginer l’histoire de chacun; d’où viennent-ils? Que font-ils dans la vie? Comment en sont-ils venus à courir? Etc.. Étant un habitué du circuit de la Nouvelle-Orléans, je suis heureux de voir des visages familiers parmi les bénévoles sur le parcours, surtout quand ils sourient ou crient mon nom pour m’encourager. Aussi lorsqu’après la course ils me disent que j’avais l’air en grande forme et heureux sur le parcours. Ensuite, que la météo soit bonne ou mauvaise, je suis juste content d’être dehors et de relever un autre défi, plus ou moins difficile selon ce que mère nature a choisi de nous envoyer. Je regarde les belles filles qui courent et je souris en pensant qu’il faudrait bien que je leur pique une jasette après la compétition. Et puis... c’est la fin; la remise des prix, la bouffe, la bière, parfois de la musique et encore des retrouvailles pour discuter de nos performances et d’autres sujets avant de retourner à la voiture pour un voyage de retour encore plus animé. On y parle de futurs voyages, on se taquine un peu plus et certains font une sieste à l’occasion, quand l’épreuve a été plutôt dure. Je parle souvent plus pendant ce voyage de retour qu’en allant à la course. Mais ce que je préfère dans toutes ces aventures, c’est de rentrer à la maison en pensant que j’ai encore toute la journée devant moi, plein d’énergie et plein de projets. Je pense à la douche chaude et à un bon Coke froid qui m’attendent. Dans ces moments-là, il n’y a pas grand-chose qui puisse me faire croire que ça ne sera pas une excellente journée. N’hésitez donc pas à me faire part de vos questions et commentaires. Richard Starsbourg pour Courir.org crrroco@aol.com
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